Catherine Huré

PRESSE

Laurence d'Ist

Catherine Huré

Une histoire d'être à la fois unique


Derrière la grande porte d'entrée de métal gris, l'air de l'atelier de Catherine Huré est cotonneux. Un nuage crème emplit l'espace, une pellicule nacrée recouvre le sol, les outils, les objets. La machine cylindrique sur roulettes s'éteint dans un fracas, sorte de compresseur à air, c'est avec cet engin qu'elle taille la pierre.
Elle m'accueille souriante, en salopette ceinturée à la taille, les lèvres soulignées de rouge dans le ton de son gilet ; les cheveux noirs coupés en mèches libres à la garçonne. Son regard clair est maquillé d'un trait de mascara.

Elle retire ses mitaines et ses gants jaunes enfilés l'un sur l'autre. Elle travaille en sandales. Elle marie les styles: collant noir à pois de couleurs et socquettes bleue marine. Catherine Huré est une sculpteur coquette !
Au fond de l'atelier, Catherine Huré retire le tissu blanc qui recouvre une colonne déesse. Les formes généreuses de la divinité - mélange de références à la statuaire inuit, hindouiste et romane - sont contenues dans la pierre. Les bras potelés serrent des seins gros comme deux billes de verre, qui gonflent sous le décolleté. La tunique est dessinée de motifs finement gravés, les arabesques et la richesse des imprimés orientaux, sont peints d'un filet d'or sur la pierre.


Catherine Huré m'invite à monter sur la mezzanine où sont présentées ses séries de sculptures.

Les pièces se cachent sous des drapés de coton blanc. Elle ouvre le rideau d'une étagère où sont rangées ses premières œuvres. Il y a vingt-cinq ans, quand elle décida d'apprendre à sculpter, car elle sentait la nécessité de créer de ses mains, c'est vers la pierre qu'elle s'est sentie destinée.


Dans la série des galets, des œufs et des couples l'emploi de la couleur se limite à quelques traits monochromes.Sur les oeuvres qu'elle restaure dans les chantiers d'église aux quatre coins de la France, elle applique la couleur sur la pierre.Le passage à la polychromie prendra le temps d'une gestation. L'exposition d'un marbre au deux tiers rouge lui vaut des remarques qui la freine.
Qu'à cela ne tienne, l'atelier est un lieu de recherche, ce qui s'y produit est secret.


Catherine Huré poursuit une sculpture colorée. Elle s'intéresse à la mythologie, aux figures féminines : Athéna, Déméter. La série sur la mère de la terre s'apparente à des pins-up, mini-jupe et couleurs vives, prises d'un éclat de rire. Le courant pop art des années 1960, tire son répertoire des images colorées et communicatives des mass médias (la bande dessiné, les objets de consommation, les « people »).